Comment puis-je savoir si un chien ou un chat souffre ?


Quel est le niveau de tolérance à la souffrance d’un chien ou d’un chat ?

Quelle est leur façon de le manifester ?

Même nous, les humains, n’avons pas une tolérance égale à la douleur : elle varie en fonction de l’individu, de l’environnement, des motivations, du mode de vie et d’innombrables autres facteurs que nous pouvons tous évaluer personnellement.

Elle a également considérablement varié au cours de l’histoire de l’évolution de l’homme et des sociétés, ainsi que de la disponibilité de nouvelles thérapies contre la douleur.

Mais revenons au chien et au chat, qui sont mon domaine d’intérêt.
Certes, en observant en pratique clinique les chiens et les chats blessés lors de combats, on se demande comment ils peuvent continuer à se battre malgré toutes les morsures et les égratignures qu’ils ont subies, même avec des blessures aussi profondes.

Ou comment les chiens et les chats parviennent-ils à se traîner jusqu’à la maison ou au refuge sur le bord de la route après avoir été heurtés par une voiture gravement handicapée.

Le plus difficile, évidemment, est d’établir le niveau de tolérance lors de pathologies internes.

Chien et chat en souffrance

Le fait qu’un animal cesse de se nourrir peut être utile comme premier symptôme de malaise, tout comme l’homme.
Cependant, la manifestation de la douleur diffère considérablement d’un chien à l’autre.

Il est facile de comprendre cela en analysant les différents modes de vie des deux animaux.

Le chien et ses plus proches cousins sauvages sont des animaux strictement sociaux : ils mènent la majeure partie de leur vie en meute, en troupeau, en groupe. Chasser, défendre leur progéniture, partager leur proie sont des opérations importantes qu’ils mènent en commun, avec l’aide de congénères.

La ritualisation de la consommation du repas social chez le loup est bien connue de tous les propriétaires de chiens.

Le chat est, au contraire, un animal sociable mais pas social : les activités similaires sont réalisées individuellement.
Un chat qui chasse une souris ou un moineau, ne pourrait pas survivre longtemps s’il le partageait avec des congénères qui se sont partagés la capture !

Le chat chasse seul et se nourrit seul de ses petites proies.
Hormis les brefs rituels d’accouplement et les relations superficielles établies dans les colonies urbaines, le mode de vie d’un chat est celui d’un animal solitaire.

De même, la souffrance et le handicap conduisent les deux animaux à des comportements opposés.

Le chien demande l’aide du semblable ou de l’homme qui montre de la gêne ou de la douleur pour tout accident ou malaise interne.
Le chien va même jusqu’à simuler un handicap pour attirer l’attention.
Le chat, au contraire, ne signale pas son infirmité : il se retire prudemment dans un coin reculé du jardin ou de la maison, s’abstenant de manger et de communiquer avec son propriétaire, même pendant des jours. Parfois jusqu’à la mort.

Il n’est pas rare en effet que les propriétaires trouvent l’animal mort caché dans la cabane, sous un canapé, sous un buisson après l’avoir perdu de vue pendant quelques jours.

Il est donc conseillé de garder nos amis sous observation : il est difficile pour un propriétaire avisé de passer à côté des variations de comportement de son petit ami.

Contacter rapidement un vétérinaire est une bonne pratique évidente et nécessaire dans la gestion d’un animal.